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Le lundi est le dernier jour avant l'arrivée d'Yves. Pierre et Manon arpentent le Sentier des Douaniers de part et d'autre du Château. Il fait un temps splendide et ils font même une petite sieste au soleil, abrités du vent par les rochers roses. Depuis la veille, ils ne cessent de discuter, organisant, désorganisant, réorganisant toutes les données.

MANON: Si, si, c'est très logique, le Gouvernement (ou quelqu'un du Gouvernement) fabrique les faux billets à Cosmopolis; ils cherchent des espions pour les écouler. Ils savent que les Leguéflec ont besoin d'argent, ils prennent contact avec Yves: c'est le pigeon idéal.

PIERRE: Et ses parents le savent?

MANON: Peut-être que oui, peut-être que non…

PIERRE: Et comment est-ce que cela se passe dans les autres bureaux de poste de Paris?

MANON: Yves organise un réseau avec des copains fauchés, d'abord… et puis d'autres personnes. Mais, Papie, à propos, pourquoi Paris? Pourquoi ne pas écouler les faux billets ici?

PIERRE: C'est très facile à comprendre. Il circule dix mille fois plus de billets à Paris qu'ici. Pense, à Paris, il y a dix millions d'habitants. Ici, même avec Perros-Guirec, Trégastel et Ploumanac'h , il y en a cinq mille à tout casser!

MANON: Oui, c'est logique. Donc, Yves va à Paris et le Gouvernement lui trouve un travail à la poste.

PIERRE: Oui, comme tu dis, une personne dans le Gouvernement… Ce n'est pas impossible comme scénario…

MANON: Je sais qu'il arrive en TGV. Or le train s'arrête à Lannion. Pour venir ici, il lui faut une voiture.

MANON: Ses parents peuvent venir le chercher.

PIERRE: De toutes façons, pour aller sur l'île, il doit prendre un bateau et on sait qu'il part du port de Trégastel.

MANON: Donc, on le guette et on fait semblant d'être surpris. Mais on risque d'attendre longtemps… Et s'il va d'abord à Pleumeur-Bodou voir son chef?

PEIRRE: Écoute, arrêtons de faire des suppositions. Allons dîner, demain va vite venir. Ils nous faut faire une bonne nuit.

Mais Manon et son grand-père dorment mal, se tournent et se retournent dans leur lits, font d'horribles cauchemars et, chose extraordinaire, se réveillent à 7 heures du matin, prêts à travailler.

Dès 10 heures, nous le retrouvons à leur poste de surveillance: un banc judicieusement choisi pour sa proximité de l'embarcadère. Pierre lit Le Monde, son journal quotidien. Quant à manon, elle est plongée (et cela depuis le début des vacances) dans le lecture de robinson crusoé.

Une vieille voiture arrive soudain. Yves en sort et s'approche de Pierre, qui, levant les yeux de son journal, le regarde avec un réel étonnement.

YVES: Monsieur Roustain, quelle surprise!

Plongée dans son livre, Manon est aussi étonnée que son grand-père.

PIERRE: Yves! Qu'est-ce que vous faites ici?

YVES: Mais… je vais chez moi. Et vous?

Pierre et Manon reprennent peu à peu leurs esprits.

PIERRE: Nous? On est en vacances à Ploumanac'h.

YVES: Mais c'est extraordinaire! C'est juste à côté.

MANON: Bonjour Monsieur, alors vous habitez par ici? C'est super joli!

YVES: Mes parents habitent sur une île.

PIERRE: Ah bon, sur une île!

MANON: Oh, on peut aller voir? J'adore les îles! C'est loin?

Yves montre une certaine hésitation…

YVES: Euh, oui… Mais, vous savez, c'est une très vieille maison; elle est presque en ruine!

PIERRE: On ne veut pas vous déranger, Yves. Excusez Manon, elle est très implusive.

YVES: Non, au contraire, venez! Il ne vient jamais personne chez nous… J'ai envie de vous montrer…

Mais Yves ne termine pas sa phrase. Cinq minutes plus tard, Manon et son grand-père se trouvent dans un petit canot à moteur piloté par Yves lui-même. Le bateau le port et, quelques minutes plus tard, accoste sur une petite plage, à gauche de la porte moyenâgeuse qui fait face au balcon de la chambre de Manon.

Cette dernière fait semblant d'être surprise.

MANON: Mais, c'est LE CHÂTEAU!

YVES (modeste): Oui, on l'appelle comme cela dans la région, mais, en réalité, il est en très mauvais état, il faut refaire la toiture et tant d'autres choses!

MANON: À l'hôtel de l'Europe, ma chambre est just en face!

YVES: C'est vrai qu'on le voit de loin.

PIERRE: C'est un château de famille?

YVES: Oui, depuis 8 ou 9 générations… Nous remontons à l'époque d'Henri IV. Jacques Cartier est de la même famille.

PIERRE: C'est extraordinaire!

Le canot est maintenant attaché; ses trois occupants descendant et se trouvent nez à nez avec un personnage tout à fait insolite: un général américain, venant tout droit de la Seconde Guerre mondiale, casqué, botté, décoré, qui les salue militairement.

YVES: Monsieur Roustain, je vous présente Papa.

Mais la surprise continue lorsqqu'apparaît une toute petite femme habillée, de la tête aux pieds, dans le costume traditionnel breton, comme on en voit dans les mussées, mais certainement pas dans la rue, même dans un tout petit village comme Ploumanac'h.

YVES: Maman, je te présente Monsieur Roustain… un ami parisien, et sa petite-fille, Manon.

A.

  1. Où marchent Manon et son grand-père avant son arrivée?
  2. De quoi parlent-ils ensemble?
  3. D'après la supposition de Manon, pourquoi Yves est-il le "pigeon idéal"?
  4. Pourquoi, d'après Pierre, les faux billets ne sont-ils pas distribués dans la région?
  5. Quels sont les trois moyens de locomotion qu'Yves va utiliser pour rentrer chez lui?
  6. Pourquoi Pierre et Manon dorment-ils mal?
  7. À quelle heure sont-ils sur leur banc?
  8. Pourquoi choisir "ce" banc?
  9. Que lisent-ils?
  1. Pourquoi est-ce Pierre et Manon ne voient pas Yves arriver?
  2. Quelle est la réaction d'Yves en les voyant?
  3. Comment Manon montre-t-elle qu'elle n'est pas timide?
  4. Comment vont-ils sur l'île?
  5. Combien dure le voyage?
  6. De quoi semble s'excuser Yves au sujet du château?
  7. Depuis combien de temps la famille d'Yves habite-t-elle dans le château?
  8. En quoi le père d'Yves est-il bizarre?
  9. Et sa mère?